Galerie avant-après
Restauration du Portrait d'Egerton Ryerson


Historique
En avril 1998, l'Institut canadien de conservation (ICC) a entrepris la restauration du Portrait d'Egerton Ryerson pour les Archives de l'Université polytechnique Ryerson. Le tableau et son pendant, le Portrait de Mary Ryerson (l'épouse d'Egerton), ont été donnés à l'Université par Peter Ryerson (l'arrière-arrière-petit-fils d'Egerton), qui vit en Angleterre. Des dispositions ont été prises pour qu'en quittant l'Angleterre, les portraits soient expédiés à l'ICC avant d'être livrés à leur destination finale.
Egerton Ryerson a été l'une des principales figures de l'histoire du Canada au XIXe siècle. C'est lui qui a mis sur pied le système d'éducation de l'Ontario alors qu'il était surintendant principal de l'Éducation pour le Haut- Canada, de 1844 à 1876. À une exception près (un portrait d'Egerton Ryerson réalisé par Théophile Hamel et faisant partie de la collection d'oeuvres d'art du gouvernement de l'Ontario), ces tableaux sont les seuls portraits connus de Ryerson et de sa femme.
Rentoilage
Au moment où la demande originale a été faite à l'ICC, le Portrait d'Egerton Ryerson était très fragile; la toile, qui présentait d'importantes déchirures et plusieurs lacunes, était déformée et semblait extrêmement friable. Il était impossible de la transporter d'Angleterre au Canada dans cet état, aussi Peter Ryerson a-t-il eu recours aux services d'un restaurateur de tableaux, en Angleterre, qui a commencé par consolider l'oeuvre en la rentoilant puis en la fixant de nouveau au châssis à clés d'origine.
Examen
À son arrivée à l'ICC, le tableau a fait l'objet d'un examen attentif incluant, entre autres, sa documentation photographique et l'analyse en coupe de minuscules échantillons prélevés à sa surface. Les déchirures et les lacunes ont été documentées par photographie à lumière transmise et par croquis.
Nettoyage
La colle du rentoilage et du cartonnage, de même que des fragments de cartonnage résultant du traitement effectué en Angleterre, étaient restés à la surface du tableau et lui donnaient une apparence obscure et terne. Pour les retirer, on a utilisé avec prudence divers solvants et des solutions aqueuses de nettoyage. Pendant le rentoilage, de nombreux petits fragments de peinture et de préparation s'étaient détachés des bords des déchirures et des lacunes pour se redéposer à différents endroits sur la surface du tableau. Tous ces fragments ont été méticuleusement retirés à l'aide d'un scalpel fin tandis qu'on observait la surface du tableau au microscope optique stéréoscopique. La colle de l'ancien rentoilage qui avait pénétré dans les fissures entre les bords des déchirures et le long de ceux-ci a été retirée de la même façon. Enfin, les restes d'un ancien vernis jauni ont été enlevés de la surface du tableau à l'aide d'une variété de mélanges de solvants appliqués au coton-tige.
Mastic, retouches et vernis
On a comblé les lacunes de peinture avec un mastic de colle au baquet et de poudre de craie. Un vernis isolant a ensuite été appliqué, puis on a retouché le mastic et les lacunes afin de reproduire les couleurs et la composition d'origine. Pour finir, on a appliqué une dernière couche de vernis.
Cadre
Le cadre a aussi fait l'objet d'importants travaux de restauration. On a nettoyé la surface, consolidé le gesso affaibli et remplacé l'ornementation manquante. Quand tout fut terminé, le tableau a été remis dans son cadre, selon les règles de la restauration, et un dos protecteur a été fixé à l'endos du châssis à clés.

Figure 1.
Figure 2.

Figure 3.

Figure 4.
Fin du traitement
L'ICC est heureux d'avoir participer à la restauration
de ce portrait, surtout que ces travaux coïncidaient
avec le 50e anniversaire de l'Université polytechnique
Ryerson. Le traitement fut terminé au printemps
de 1999; le Portrait d'Egerton Ryerson fut alors retourné
à l'établissement qui porte fièrement
son nom.
Figure 5.

Figure 6.

Figure 7.

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