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Galerie avant-après

Mocassins

Mocassins avant traitement
Mocassins aprés traitement
Mocassins avant traitement
Mocassins aprés traitement

Sept paires de mocassins provenant du Musée McCord d’histoire canadienne à Montréal ont été traitées récemment au Laboratoire des objets de l’ICC par Ulla Zenz, une récente diplômée en conservation venue d’Autriche. Ulla se trouvait en plein milieu d’un stage de perfectionnement professionnel d’une année, et avait hâte d’étudier et de traiter des haussures autochtones nord-américaines. Anne MacKay, la restauratrice en chef du Musée McCord, a choisi et apporté elle-même les mocassins. (Un grand merci à Anne!)

Parmi les magnifiques mocassins brodés, perlés ou décorés de piquants de porc-épic se trouvait une paire aplatie de couvre-chaussures inuits en peau de phoque. La beauté de ces derniers ne venait pas des décorations appliquées, mais de leur confection. Chaque couvre-chaussure est fait de deux morceaux de peau. Un morceau forme la semelle, étroitement sertie par-dessus les orteils et cousue à une étroite empeigne en forme de V. Sur le dessous de ces couvre-chaussures, est cousue une couche supplémentaire de peau de phoque dans la région des orteils et du talon. Par-dessus ces semelles, sont cousues une bande de peau en forme de V au talon et une bande ondulante aux orteils). Ces semelles assurent une isolation supplémentaire, et les bandes de peau donnent une meilleure prise sur la neige durcie.

Les couvre-chaussures étaient plats, raides et quelque peu cassants. Une mince couche blanche et cristalline était répandue sur une bonne partie des surfaces exposées. Ne connaissant pas ce genre de dépôt et craignant qu’il puisse être un produit toxique appliqué il y a des décennies pour protéger les couvre-chaussures contre les insectes, Ulla a consulté Jane Sirois, du Laboratoire de recherche analytique de l’ICC, pour lui demander d’analyser ce produit. Jane a pu établir que le dépôt blanc n’était pas toxique, mais elle était intriguée par la présence de biphosphate de magnésium sur les chaussures. Après discussion avec Anne MacKay, Ulla a enlevé le plus possible de ce dépôt à l’aide d’un coton-tige à peine humide.

Pour redonner forme aux couvre-chaussures, il fallait les exposer à l’air humide, puisque la peau absorbe l’humidité et reprend de la flexibilité. Cependant, l’humidification délicate des couvre-chaussures n’a pas beaucoup aidé. On a eu recours à un autre mode d’humidification, qui s’était révélé utile sur d’autres peaux récalcitrantes au Laboratoire des objets. Les couvre-chaussures ont été enveloppés dans plusieurs couches d’un non-tissé en polyester, des linges légèrement humidifiés ont été placés par-dessus, et les couvre-chaussures ont été placés dans des sacs en plastique. Graduellement, ils ont pu être remis en forme pour qu’ils ressemblent à leur forme originale.

Ulla a conçu et fabriqué un boîtier qui conviendrait à l’espace de rangement du musée. Une fenêtre dans le boîtier permet une identification rapide. Le coussinage profilé dans la base permet de mieux soutenir les semelles.

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