Galerie avant-après
Traitement d'un canon


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En 1981, M. André Lépine, archéologue
au Musée David M. Stewart à Montréal,
a demandé à l'Institut canadien de conservation
de l'aider à préserver certains objects
qu'il voulait retirer d'une épave non identifiée
dans la baie de Gaspé. Son étude préliminaire
du site indiquait que le navire datait probablement
de la fin du XVIIe siècle ou du début
du XVIIIe. Pour préciser l'époque et l'origine
du bâtiment, M. Lépine voulait examiner
un échantillon représentatif d'objets
provenant de ce site, dont au moins un canon. En août
1982, des membres du personnel de l'ICC se sont rendus
sur les lieux et ont aidé à récupérer
et à emballer des tessons de céramique,
des fragments d'os, des poids en plomb, des fragments
d'ancre, des boulets de canon, et un canon de 2,27 mêtres
de longueur, soit en tout 168 fragments et objets.
Pour déterminer l'importance de la corrosion et détecter les vestiges d'une charge éventuelle, la division Canadian Steel Foundries de la société Hawker Siddeley Canada Inc. a radiographié le canon à ses installations de Montréal. Les radiographies ont révélé que le canon était en grande partie corrodé et très poreux. Comme il gisait dans l'eau salée, la couche de corrosion contenait une forte proportion de chlorures, extrêmement dommageables pour le fer. En effet, les chlorures réagissent avec le fer pour former une rouille beaucoup plus volumineuse que la rouille ordinaire, et qui peut littéralement faire éclater l'objet.
Pour préserver le canon, les concrétions et les sels ont été éliminés au moyen d'un procédé appelé électrolyse. Pendant l'électrolyse, les produits de la corrosion du fer sont transformés en magnétite par un faible courant électrique qui passe dans l'objet avant d'atteindre des plaques d'acier inoxydable en traversant la solution électrolytique alcaline. Le courant électrique entraîne les ions chlorure, à charge négative, jusqu'aux plaques d'acier inoxydable, à charge positive. La magnétite et un composé stable du fer. Le traitement n'a donc pas pour seul effet d'éliminer les substances corrodant le fer, il convertit également des composés instables en composés stables, qui n'évolueront plus après le séchage du canon.
À mesure que le traitement progresse, les produits de corrosion retenant les concrétions sur le canon deviennent moins durs. Il est finalement possible de détacher ces concrétions sans abîmer la surface de l'objet.
Le canon a trempé dans la solution électrolytique pendant plus de quatre ans. Outre qu'il a permis d'enlever les concrétions et de convertir les produits de la corrosion en magnétite, le traitement a également éliminé une forte quantité de chlorures. Celle-ci était mesurée régulièrement et la solution d'hydroxyde de sodium a été remplacée plusieurs fois.
Après l'électrolyse, le canon a été lavé afin de le débarrassser de toute trace d'électrolyte et des autres éléments solubles. Cette opération a prolongé le traitement de 21 mois. Le canon a ensuite été séché et traité à l'acide tannique. L'acide tannique réagit avec le fer pour former une couche protectrice contre la rouille, couche qui donne à l'objet une couleur noire bleutée. Après le dernier nettoyage, le canon a été rendu au Musée où il est exposé.

Figure 3.

Figure 4.

Figure 5.

Figure 6.