Galerie avant-après
Traitement de The Beached Margent of the Sea


L'un des principaux projets de restauration de l'Institut canadien de conservation, à Ottawa, a été le traitement du tableau Beached Margent of the Sea de F.M. Bell-Smith (1846-1923).
Bell-Smith a étudié à Londres, en Angleterre, avant de venir s'installer à Montréal en 1866. Il fut l'un des fondateurs de la Société des artistes canadiens. En plus d'être un excellent artisan, Bell- Smith a réalisé des oeuvres dont le style a inspiré et influencé bien des jeunes artistes de son époque. Il a souvent cherché à reproduire des effets atmosphériques subtils. Beached Margent of the Sea est un classique de son style, qui s'inscrit quelque part entre le mouvement victorien et le mouvement moderne, plus libre.
Le tableau avait déjà été nettoyé lors d'une restauration antérieure. Plusieurs déchirures de la toile avaient aussi été réparées et recouvertes d'un épais repeint. Depuis, la saleté incrustée et l'enduit non résineux foncé appliqué sur de grandes plages avaient considérablement obscurci les couleurs originales du tableau.
L'huile de la préparation et de la couche picturale avait affaibli la toile de lin, lui enlevant de la souplesse et la rendant très vulnérable aux accidents.
Pour faciliter le traitement, le tableau a été retiré de son châssis à clés. Des bandes de toile de polyester ont été fixées aux bords du tableau à l'aide d'un adhésif thermoscellé. Le tableau a ensuite été tendu sur un châssis de travail extensible. Les vieilles pièces et les résidus d'adhésif fragilisés ont été retirés de l'endos de la toile. Plusieurs tests de nettoyage ont permis de déterminer à quel point la tonalité du tableau avait changé avec le temps. On s'est servi d'une émulsion appropriée pour éliminer les couches de saleté incrustée. Après d'autres tests, on a utilisé une combinaison de solvants organiques pour enlever le repeint dont la couleur s'était altérée et les taches brunâtres qui défiguraient le tableau.

Figure 1.

Figure 2.
On a ensuite rentoilé le tableau à l'aide d'une toile de polyester. Puis on s'est servi de mastic fait de craie et de colle de peau de lapin pour combler les lacunes de la couche picturale. Ce mastic a ensuite été peint à l'aquarelle, puis recouvert d'un glacis de pigments en poudre dans un liant stable. Tout le tableau a été recouvert d'une mince couche de vernis de résine naturelle. Le cadre original a été nettoyé et le tableau maintenu en place grâce à des plaques de fixation en laiton. Enfin, on a posé un dos protecteur à l'endos du châssis à clés.

Figure 3.

Figure 4.

Figure 5.

Figure 6.

Figure 7.

Figure 8.