C'est renversant !
Traitement d'une peinture sur toile du XIXe siècle

![]()
En 1992, lICC entreprenait la restauration du
Martyre de saint André apôtre, tableau
de lartiste franco-canadien Louis Hubert Triaud
(1794-1836). L œuvre appartient à léglise
de Saint-André de Kamouraska (Québec).
Triaud a été actif surtout à Québec, où il a enseigné la peinture et le dessin au Couvent des Ursulines. Ami et assistant de Joseph Légaré et dAntoine Plamondon, maîtres québécois de la première heure, Triaud est réputé avoir fondé la tradition canadienne du paysage. Il a aussi restauré des uvres de la Collection Desjardins de Québec.
Cette toile monumentale représente saint André, un des premiers disciples du Christ, ainsi quun fidèle agenouillé à sa gauche. Deux chérubins descendent du ciel et un port antique fortifié occupe larrière-plan. Selon la tradition, saint André obtint en prêchant tant de conversions que le gouverneur de Patras, en Grèce, craignit un soulèvement populaire. Saint André fut arrêté, torturé et attaché à un croix en X, depuis devenue symbole de son martyre.
Le tableau avait déjà subi des restaurations : de grandes parties de la croix avaient été repeintes. Des conditions ambiantes défavorables avaient affaibli la toile et écaillé la peinture, causant de nombreuses et importantes lacunes, notamment sur les bords du tableau. Lincrustation de saleté et le jaunissement du vernis ont beaucoup obscurci les couleurs dorigine.
Les tests initiaux de nettoyage ont montré à quel point les couleurs étaient assombries. Une solution nettoyante spéciale a servi à enlever les couches de saleté incrustée. Après des tests minutieux, divers solvants organiques ont été appliqués avec des cotons-tiges pour éliminer le vernis jauni et les repeints.
Une fois terminé le long nettoyage, le tableau a été préparé pour le rentoilage, opération nécessaire étant donné laltération considérable de la toile. Celle-ci et une nouvelle toile de renfort en polyester ont été imprégnées de cire microcristalline et collées à chaud lune à lautre sur une table chauffante.
Les lacunes ont été comblées à laide de gesso acrylique et peintes à laquarelle, puis avec des pigments en poudre mêlés à un liant de résine. Un vernis de résine naturelle a été appliqué au pinceau sur toute la surface peinte en guise de revêtement protecteur.

Figure 1.

Figure 2.

Figure 3.
Figure 4.

Figure 5.

Figure 6.

Figure 7.

Figure 8.